jeudi 17 juillet 2008

Robert Brasillach, la mort en face


Après les chroniques de disques, le Tour de France, l’apologie de la bière bue en quantité industrielle, voici les écrivains collaborationnistes. D’aucuns diront que je m’égare un peu…Robert Brasillach…Le rédacteur en chef de Je Suis Partout, l’hebdomadaire antisémite, haineux, aux idées (?) bien dégagées autour des oreilles. Mais Brasillach, c’est d’abord un magnifique poète et écrivain, facile d’accès et épris d’un romantisme adolescent et jusqu’au-boutiste. Presque punk, quoi. J’ai lu « Comme le temps passe », roman à en chialer, que son auteur décrit simplement comme « le roman de la jeunesse qui fuit et qui renaît tour à tour, en même temps que celui de deux êtres qui peuvent se chercher, se perdre, se retrouver, sans jamais cesser d’être faits l’un pour l’autre ». Il paraît que les Poèmes de Fresnes, ceux écrits pendant son emprisonnement, sont fort jolis, aussi : « je ne sais le temps qui nous reste promis, Mais qu’importe le temps quand on a des amis ». Homosexuel, Brasillach n’en était pas pour autant une lopette, et c’est lui qui se livrera à la Police, après l’arrestation de sa mère. L’histoire de cet homme brillant et décrit, y compris par De Gaulle, comme extrêmement cultivé, c’est l’histoire d’un homme qui s’est trompé en souhaitant jusqu’au bout la victoire de l’Allemagne, et qui fut exécuté à l’âge de 35 ans alors qu’il n’avait ni commis, ni commandité le moindre crime, n’était ni homme politique, ni militaire. Un homme qui s’est égaré dans une période extrêmement trouble, et que personne ne peut juger, et surtout pas nos grands-parents, ces pseudo-résistants de l’an 44. Bon sujet philosophique à discuter autour d'un verre en compagnie de Jérôme Danel : est-on coupable de mal penser ? Son procès est resté légendaire, cinq heures durant lesquelles Brasillach essaiera non pas de sauver sa tête, mais sa vérité, à coup de répliques à la fois percutantes et poètiques : "nous sommes quelques Français de réflexion à avoir couché avec l'Allemagne et le souvenir nous en restera doux." A l’heure du verdict, entendant l’annonce de la peine capitale, une voix anonyme s’élève du public «c’est une honte ». Et Brasillach de répondre : « non, c’est un honneur ». En dépit d’une pétition signée par des gens tels que Camus, Mauriac, Claudel, Colette, Valéry, le Général tint bon, argumentant ainsi en toute décontraction : « S’il a été fusillé, c’est que lui, j’estimais le devoir à la France. Cela ne s’explique pas. » Un peu glauque, cet article, non ? Non.
« L’histoire est écrite par les vainqueurs » (Robert Brasillach)

1 commentaire:

Antoine a dit…

Man que tu écris bien Crass !

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...