Si les Ricains n'étaient pas là, nous ne le savons que trop bien, nous serions tous en Germanie. Ce qui, on l'imagine, ne doit pas être drôle tous les jours. Une enfance bercée par les sussurements rauques de Mutti, vous déclamant au creux de l'oreille de son haleine fétide "Bruder Jacob, schläfst du noch ?" plutôt que notre Frère Jacques national (assurément un truc à faire des cauchemars jusqu'à la fin des ses jours) ; une adolescence rythmée par les exploits béhémedoublevisés d'Horst Tappert plutôt que par ceux de Jean-Claude Bouillon (ndlr :"Les Brigades du Tigre", pour ceux qui n'ont pas la télé) ; un dépucelage accompli selon toute vraisemblance en compagnie d'une blonde aux seins laiteux et bâtie comme Sébastien Chabal, la barbe en moins (quoique). Bref, beaucoup de vilaines choses à traîner toute sa vie comme un boulet. Mais ce serait aussi : 4 étoiles sur le maillot de foot (puisque nous serions une colonie, nous garderions notre titre de 1998), orgasme culinaire quotidien au petit-déjeûner grâce aux saucisses de Francfort, pardon de Frankfürt, un Michel Sardou probablement oublié puisqu'envoyé dans les mines de sel de Bochum voir si l'herbe y est plus verte. Et puis, aussi, au lieu de nous trémousser stupidement sur les paroles ineptes d'Indochine, nous aurions pu faire apprécier notre déhanché félin sur les rythmes robotiques de "Der Mussolini" de DAF. Nos grands frères nous auraient transmis en héritage le kraut rock de Can, Neu!, Popol Vuh, Ash Ra Tempel, Faust ou Amon Düül, en lieu et place des refrains pré-pubères de Téléphone ou des pantalonnades de Martin Circus. Les moustachus ne porteraient pas des débardeurs de Johnny Hallyday (dont je reconnais malgré tout qu'ils peuvent être particulièrement seyants sur certains ventres bedonnants) mais des T-shirts de Kraftwerk. Et puis, surtout, surtout, nous ne serions pas si nombreux à être passés à côté de ce groupe extraordinaire : X-Mal Deutschland. Groupe 100% féminin, signé sur le cultissime label 4AD, emmené par la grande prêtresse Anja Huwe, dont les miaulements de chatte en chaleur feraient passer Liz Fraser des Cocteau Twins (leurs collègues de label) pour une tuberculeuse moribonde. Bien entendu, il y a le chant en allemand, la langue de l'Amour comme chacun le sait, tout à fait appropriée pour dire des choses aussi guillerettes que "ta souffrance est mon plaisir" ("Deine Qual ist meine Lust") ou encore "je te frappe le visage et je ris je ris je ris" ("Ich schlage deinen Kopf und ich lache lache lache"). Et oui, la teutonne est rude.
dimanche 20 juillet 2008
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GARAGE, SWEET GARAGE
Encore des affreux garagistes...
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