
Le Tour 1905 de Trousselier attendra. Car voici l’Homme. René Pottier. L’idole du Sergent Champy. Le premier grimpeur de l’Histoire du Tour. Un cador, un surhomme comme notre époque édulcorée ne peut plus en produire. Celui qui franchît en tête le tout premier col, le Ballon d’Alsace, à vingt kilomètres heures de moyenne, sur une monture dont même ma grand-mère, pourtant peu à cheval sur l’esthétisme, ne voudrait pas pour aller chercher le pain. Et avec ça, toujours élégant, le René. Petit bonnet blanc de pâtissier et moustache finement ciselée, à en faire blêmir le Commissaire Valentin. Programmé pour gagner une kyrielle de ce qu’on n’appelait pas encore La Grande Boucle, il devra se contenter de celui-là, ce petit Tour de 4500 kilomètres, 76 partants, 14 classés…Car Néné, dur au mal sur son vélocipède, avait le cœur fragile. Brisé par un chagrin d’amour, il se pendit l’année suivante, dans son garage, au crochet où il suspendait jusqu’alors son vélo. Il était plus facile pour lui de franchir les montagnes que de surmonter une peine amoureuse. Une stèle porte son nom, au sommet du Ballon d’Alsace évidemment, et voici bien à ma connaissance la seule et unique raison d’aller foutre les pieds dans l’Est de la France. J’en entends encore une me raconter, pas plus tard que la semaine dernière, que les cyclistes ne sont que des bourrins, avec des QI de garçons coiffeurs et des regards de bovins…La prochaine fois, je la gifle. On ne traite pas ainsi impunément René Pottier, ce Ian Curtis du vélo.
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