vendredi 21 novembre 2008

Critique de la faculté de tacler

Les ailes de pigeon, les coups du foulards, les sombreros, les petits, les moyens et les grands ponts, c'est mignon, mais bon, quitte à voir des beaux gestes autant regarder du basket. On pourra me raconter ce qu'on veut, les plus belles actions dans le foot, c'est quand même quand les joueurs n'ont pas le ballon. Les crachats dans la gueule, les tacles les deux pieds décollés, les pugilats, les arbitres martyrisés, les tibias fracturés, ça on en veut et on en redemande. Cette superbe video achévera de convaincre les personnes insensibles à la beauté de la brutalité. Où l'on aura encore la confirmation que l'Angleterre est le plus beau pays du monde, un pays où les attaquants font des gestes qui feraient passer Cyril Rool pour un timide efféminé. Même Ole-Gunnar (plus joli prénom du monde) Solskjaer s'y met...

jeudi 20 novembre 2008

1914 : Philippe Thys, le doublé avant la boucherie

François Faber soldat


Pour la deuxième année consécutive, le Tour retourne au classement général par temps (par opposition au classement général par points, cher à l’IBBF) et innove en franchissant les Pyrénées avant les Alpes. Promenade de santé pour le basset – ainsi surnommé en raison de sa position sur la selle, très proche de celle du Saint-Loupois Arnaud « the vampire » Davenne – qui connaît tout de même une frayeur pas loin de Dunkerque, non en raison des visages hideux des autochtones, mais à la suite d’un bris de fourche. N’est pas Eugene Christophe qui veut, et Thys n’est pas homme à se compliquer la vie : au lieu de chercher une forge, pas con, il cherche un magasin de vélo, qu’il finit invariablement par trouver. Il repart un quart d’heure plus tard et n’héritera que d’une pénalité minimale d’une heure, qui lui permettra de remporter le Tour par la marge lilliputienne de 1mn 49. Un Tour sans grande anecdote mais pas anecdotique pour autant, dernier moment de quiétude avant l’horrible carnage de la Première Guerre Mondiale. Deux jours après c’est la mobilisation générale et le cyclisme français y paiera un lourd tribut, les Boches ayant eux l’intelligence de ne pas envoyer leurs champions au front. Trois anciens vainqueurs laisseront leur peau dans l’immonde bourbier. Petit-Breton trouvera moyen d’avoir un accident de voiture dans les tranchées, Faber se fera vaporiser par un boulet teuton alors qu’il ramenait un camarade blessé sur ses épaules, Lapize (triple vainqueur de Paris-Roubaix tout de même) sera désintégré en combat aérien. 50 autres coureurs du Tour, plus ou moins (in)connus périront. Il faudra attendre 1919 pour voir un autre Tour de France, amputé de bon nombre de ses champions.

mercredi 19 novembre 2008

1913 : Philippe Thys, le basset


C'est vraiment lui le plus fort : Philippe Thys, les footeux s'en rappellent bien, de ce fameux latéral gauche, champion de France avec l'OM de JPP. Et bien 75 ans avant, l'homme avait réussi à gagner le Tour 1913, considéré par Bobby Chapatte himself comme le plus riche de l'Histoire. Thys, premier coureur à gagner 3 fois le Tour (après il faudra attendre Louison Bobet). Bon, allons-y tout de go, cette victoire est encore un hold-up, digne des Grecs de l'Euro 2004, de Colette Besson aux Jeux de Mexico ou encore de Jamel Debbouze avec Melissa Theuriau en 2006. Car c'est bien connu, la victoire ne sourit jamais aux audacieux, mais toujours au moins malchanceux. Et en matière de scoumoune, Eugène Christophe fut servi, ce 9 juillet 1913, jour où il entra à tout jamais dans la légende. Leader au sommet de l'Aubisque, "le Vieux Gaulois" casse alors sa fourche à la suite d'une collision avec un automobiliste fortement alcoolisé. Pas bégueule, Eugène décide de partir à la recherche d'une forge, qu'il finira par trouver 15 kilomètres plus bas (vous avez déjà marché pendant 2 heures avec un vélo sous le bras ?), dans un village désormais célèbre : Sainte-Marie de Campan. Volontiers poète, l'homme en entrant dans la forge, sort alors une réplique digne de Bernard Blier dans Les Tontons Flingueurs : "vous avez du tube de 22 ?" Et Eugène de limer, marteler, chauffer, tordre sa fourche (je précise qu'en ces temps préhistoriques, le poste de soudure n'existait pas) sous les regards cruels des commissaires chargés de vérifier qu'il ne reçoit pas d'aide extérieure. Il repartira et franchira la ligne 3h50 après Thys, perdant toute chance de gagner l'épreuve, mais s'assurant une gloire éternelle. Le plus incroyable, c'est que le même incident lui arrivera lors du Tour 1919, à deux journées de l'arrivée, alors qu'il était leader, puis en 1922 dans la descente du Galibier alors qu'il allait prendre le maillot jaune. Poissard, Eugène. Il se murmure même que la chanson de Pink Floyd "Careful with that axe Eugene" est un hommage déguisé au Gaulois de Malakoff. Un vieux Gaulois vaillant qui remporta le dantesque Milan-San Remo de 1910 couru sous 30 centimètres de neige et que terminèrent 4 coureurs !!!! Et attention les yeux, ça, personne ne le sait : Eugène Christophe est le premier porteur du Maillot Jaune de l'Histoire du Tour (le maillot fut créé en 1919 par Henri Desgrange). Bon, donc, sinon, c'est Philippe le Belge qui gagna ce Tour.

THE PASTELS Up For A Bit With The Pastels (1987)


De retour d'une effrayante formation "Gestion des conduites addictives", j'ai appris que je n'étais ni un ivrogne ni un poivrot ni un soulaud, mais un dipsomane. C'est-à-dire une sorte de psychopathe qui choisit d'occulter totalement l'effet gustatif au profit du seul effet psycho-actif, en ingurgitant à peu près n'importe quoi. Pourquoi pas, certains collectionnent bien les timbres. J'ai également découvert lors de ce séminaire pour fonctionnaires un ouvrage que je n'ai pas encore lu, mais dont le titre laisse présager la découverte de la Bible ultime du loser : "Comment réussir à échouer" par Paul Waztlawick. Ce qui m'a inévitablement donné envie de réécouter les Pastels, tant un groupe aura mis aussi peu d'atouts de son côté pour conquérir le grand public. Un suicide commercial organisé par le cerveau de la bande, le génial Stephen Pastel, look Peter Crouch et humour Monty Python. Petit best of des déclarations du gringalet scottish : "notre groupe est une sorte de collision laide de tout un tas de styles", "Londres est vraiment un endroit formidable, cette ville a purifié le reste du pays, tous les connards, les branleurs, les carrièristes, les groupes nuls viennent y vivre, nous laissant en paix à l'extérieur", "notre prochain clip sera génial, on y verra beaucoup ma collection de légumes en plastique", etc, etc. Fan irréductible des Ramones, toujours un signe de bon goût, il a nommé sa maison de disques "53rd & 3rd" dont chaque référence commence par AGARR (As Good As Ramones Records). Et couronnement de tout, et c'est bien là le charme incroyable de ce groupe : l'homme ne sait pas chanter, et n'a jamais eu l'intention d'apprendre. Un vrai punk, quoi, une sorte de Jonathan Richman rosbeef, doué pour les mélodies énergiques et désinvoltes, qui tuent en ayant l'air de rien, comme dirait Bertrand C. Pour les historiens, il est tout de même de bon ton de savoir que les Pastels sont considérés comme les inventeurs du shoegazing, ce mouvement globalement insupportable, mais dont deux groupes géniaux au moins ont su émerger : Jesus & Mary Chain (écossais, eux aussi) et My Bloody Valentine. Et les Pastels, donc. Au moins 4 chansons extraordinaires sur ce disque, qui dans un monde parfait auraient tous été numéro 1 en lieu et place de "When Will I Be Famous" de BROS en 1987 : "Ride" (d'où le groupe du même nom...), "Crawl Babies", "Address Book", "Baby Honey". Stephen Pastel étant une pure feignasse (que de qualités, décidément), la discographie des Pastels se résume à 4 albums en 23 années d'existence. "Sittin' Pretty", l'album de 89 est presque aussi bon (écouter la chanson "Zooom" et se mordre les testicules de bonheur), les autres je les ai pas, mais il serait fort surprenant que ces Glaswegiens se soient transformés en clones de Motorhead ou de Slipknot. Les Pastels, c'est un peu des TV Personalities non drogués. Il s'en passait des choses, finalement, dans les années 80.

jeudi 18 septembre 2008

Le Top 10 des chansons qui parlent de Vélo


1) LUDWIG VON 88 - Louison Bobet For Ever (1987)
2) PINK FLOYD - Bike (1967)
3) LES THUGS - Biking (1993)
4) Yves MONTAND - A Bicyclette (1969)
5) TOMORROW - My White Bicycle (1967)
6) Alain BASHUNG - L'Arrivée du Tour (1986)
7) KRAFTWERK - Tour de France (1983)
8) LES GARCONS BOUCHERS - Prends Tout Même Le Vélo (1995)
9) Fernand RAYNAUD - Moi Mon Papa Il A Un Vélo (?)
10) LES WAMPAS - J'Ai Avalé Une Mouche (2006)


On me souffle que Bénabar a fait une chanson (?) qui s'appelle "Vélo". Mais même sous la torture, je préfére écouter l'intégrale de Bourvil, puis celle de Queen, qu'une seule chanson de Bénabar (ce nom, sans déconner...).

mercredi 17 septembre 2008

1912 : Odile Defraye, le premier Belge


Non, non, je ne me suis pas mis au Tour féminin. Le vainqueur du Tour 1912 porte curieusement le même prénom que la délicieuse maman d'Arnaud Davenne, anecdote qui ne manquera pas d'animer notre prochain jeu à boire. Defraye (regardez-moi cette belle tête de pignouf...) qui abandonnera tous les Tours futurs auxquels il participera. Desgrange trouvant les Tours précédents un peu légers, décide d'entamer une série de grandes boucles à plus de 5000 kilomètres, série qui durera jusqu'au début des années trente, où l'on reviendra malheureusement à plus de raison. En 1912, année du naufrage du Titanic, la grande star c'est Eugène Christophe, qui domine tout le monde en montagne, un mois après avoir pris la décision de sa vie : se raser la moustache. Mais le classement d'alors se faisant aux points et non aux temps, creuser des écarts énormes en montagne ne servait finalement pas à grand chose. Ces salopards de Belges s'unissent alors en masse - en dépit d'équipes par marques et non par nationalités - pour faire gagner Odile, ce qui a le don de faire craquer certains Français dont Lapize qui décide de quitter le Tour sur cette phrase pleine de panache : "j'en ai plein le cul des Belges et je me tire !". Tour de toutes les contestations que ce Tour 1912 puisque Defraye se permit impunément de prendre un raccourci pour rejoindre le Galibier. Sinon, retenons que cette buse de Petit-Breton, jamais à court d'idées quand il s'agit de se faire remarquer, ne trouve rien de mieux que de s'emplafonner dans une vache à Armentières. Deux ans plus tard, en 14, c'est un cheval qu'il heurtera, et il y restera pour de bon.

1911 : Gustave Garrigou le Canigou


Ce Tour 1911, comme tous ceux d’avant-guerre n’était pas fait pour les poitrinaires. 15 étapes, 14 de plus de 300 kilomètres et un La Rochelle-Brest (les gens ayant fait un peu de géographie à l’école apprécieront la performance) en guise d’apothéose. Un petit malin, le Stéphanois Panel, est le premier dans l’Histoire à expérimenter le dérailleur. Fou de rage, Henri Desgrange, qui assimile cela à une tricherie, interdira l’usage de cet outil diabolique jusqu’en 1937. C’est aussi l’année où pour la première fois sera franchi le Galibier, pour 49 coureurs sur 50 sans dérailleur donc, à l’issue d’une étape Chamonix-Grenoble (366 kilomètres…) que le dernier bouclera en 23 heures (on se demande bien comment il a pu faire l’étape le lendemain…). Autre innovation intéressante, l’empoisonnement : Duboc, qui est alors en train de gagner le Tour, après s’être promené dans le Tourmalet, s’effondre dans l’Aubisque, pris d’interminables vomissements puis d’abominables diarrhées. Après enquête du Mossad, on découvrira qu’il avait pris un bidon tendu par le soigneur Lafourcade, ancien coureur que nous connaissons bien, et qui, lointain ancêtre du docteur Fuentes, s’était reconverti dans l’empoisonnement ou le dopage sur commande moyennant finance. Lapize, lui, s’écroulera dans un fossé d’épuisement, pendant que Georget percutera dans une descente une moto venue en sens inverse. Quelle époque…Du coup, la voie était libre pour un coureur répondant à un nom de pâtée pour chien : Gustave Garrigou. GG, qui n’était tout de même pas un narvalo, détient son record : il est à ce jour le seul coureur à avoir toujours figuré dans les cinq premiers lors de chacune de ses participations. Il est aussi le premier homme à avoir franchi le Tourmalet sur son vélo, l'année précédente, ce qui lui valut d'être récompensé d'une prime astronomique : 100 francs.

mardi 16 septembre 2008

Réintroduisons massivement l'Adolphe en France


On le sait, la Seconde Guerre Mondiale a fait de gros dégâts. Bien sûr les terribles pertes humaines et matérielles, l'introduction du Coca Cola et des cigarettes américaines dans notre beau pays, mais aussi la disparition quasi totale de certains prénoms jusqu'alors perçus comme tout à fait charmants. Vous me voyez venir...? Et oui, avez-vous seulement cotoyé ne serait-ce qu'une seule fois dans votre vie, à l'école ou au boulot, un petit camarade répondant au doux prénom d'Adolphe ? Ah ah ?!? On fait moins les malins. Et pourtant, que de grands hommes : Adolphe Thiers, Adolphe Sax (l'inventeur du saxophone), Adolphe Pinard (l'inventeur du pinard). Bon et bien moi, je vais vous la dire, la vérité : depuis 1946, le prénom Adolphe a été donné 376 fois par autant de familles courageuses (soit deux fois moins que pour la seule année 1908, par exemple). Mieux encore, seulement 200 petits Adolphe depuis 1950, 12 malheureux petits Adolphe depuis 1995 !!! On dit même qu'ils ne seraient plus que 300 actuellement en vie sur notre territoire, bientôt plus rares encore que l'ours Pyrénéen et le gypaète barbu ! Alors, futurs parents, qui vous creusez la tête pour donner un prénom original à votre progéniture, ne cherchez pas plus loin. C'est tout de même plus joli que Kevin ou Reginald...Ah oui au fait, mon grand-père s'appelait Adolphe.

lundi 15 septembre 2008

Cyril ROOL - Dieu est arrière gauche




Une interview au contenu sans grand intérêt de notre boucher préféré. Juste pour le plaisir de réécouter cet accent, et surtout, surtout, de revoir ce regard de branleur. J'en profite pour remettre certaines choses au point, nous avons en effet lu ces derniers temps beaucoup trop d'approximations au sujet de ses statistiques. Cyril a récolté depuis ses débuts en Ligue 1 22 cartons rouges et 148 cartons jaunes, ce qui en fait le recordman absolu dans l'histoire du foot français et accessoirement l'une des causes majeures du trou de la Sécu. Dommage qu'il ait un peu ralenti le rythme ces dernières années. Son 22ème rouge est arrivé ce weekend après près d'un an d'attente, point de tacle à la jugulaire ni de pied dans l'arcade malheureusement, juste une contestation un peu véhémente auprès de cette tantouze de Mr Cailleux (voir photo). Allez, Cyril, t'as que 33 ans, tu as encore de belles fractures devant toi !

"Quand je vais jouer à Guingamp, je m'emmerde." (Cyril Rool)

SIOUXSIE & THE BANSHEES Once Upon A Time - The Singles




Désolé pour cette absence, j'étais en train de boire quelques bières en regardant l'homélie de notre bon pape Benoît, qui à juste titre a rappelé que le divorce c'était péché. Non mais. En parlant de religion, je dois dire que j'ai toujours trouvé les gothiques absolument pitoyables, leur passion pour les chauve-souris et leur fâcheuse tendance à s'accoupler dans les cimetières les soirs de pleine lune. C'est probablement pour ça que j'avais jamais vraiment écouté, en tout cas à jeun, Siouxsie Sioux, sosie de la femme de ma vie, grande prêtresse des Goths, tout en ayant bien évidemment sa discographie complète (chacun sait que les disques ne sont pas faits pour être écoutés mais pour être amassés en quantité industrielle sur des étagères branlantes, dans le seul et unique but de déclencher des soupirs d'admiration chez quelque hôte malencontreusement de passage dans votre appartement - je sais la phrase est un peu longue). Et puis, ça m'est venu comme une envie de pisser, comme dirait Marcel Lambert, docteur ès-vilebrequins. Siouxsie, la femme que l'on soupçonne fortement d'avoir dépucelé Sid Vicious, dont le principal hobby consistait à exhiber ses seins sur scène, quand elle avait oublié ses insignes nazis. La classe, quoi. Aucun de ses albums n'est parfait, même le premier "The Scream", mais cette compile ravira les amateurs de voix de tigresse et de guitares curistes, nous les savons nombreux. Et puis sur ce disque, les deux plus grandes chansons de tous les temps interprétées par une femme, vraiment : "Christine" et "Israel". Bon, comment pourrais-je terminer cet article de rentrée un peu laborieux, voyons recherchons la chute ultime, l'anecdote qui tue. Ca y est, j'ai trouvé : la mère de Siousie, aka Susan Dallion, est belge. Etonnant, non ?

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...