dimanche 25 janvier 2009

TV PERSONALITIES Mummy Your Not Watching Me (1981)




S'il est bien une expression aussi galvaudée qu'irritante, c'est celle de groupe culte. Certains fous dangereux pourtant en liberté (mais pour combien de temps encore ?) n'hésitent pas à ranger derrière cette marotte des orchestres de ducasse tels que Therapy? (surtout ne pas oublier le point d'interrogation, sinon ils se vexent), Cinderella (sans point d'interrogation, le nom est suffisamment consternant) ou encore le Patti Smith Group. Tout d'abord, cela peut paraître une évidence mais un groupe culte ne fait pas de la musique de merde, ce qui exclut fatalement les trois exemples sus-cités. Inutile donc d'aller plus loin dans ce débat sans intérêt, aussi vain que surfait comme le dirait un cinéphile que je nommerai pas. Tous les disques des TVP's (Rêgle n°2 : le groupe culte est souvent affublé de diminutifs énervants : Joy, le Floyd, le Velvet...) sont merveilleux, toutes leurs chansons sont sidérantes de beauté, leurs quatre premiers albums sont indispensables à tout être humain (donc pas au fan de Therapy?). Fruit issu du cerveau malade de son leader Daniel J.Treacy - Daniel Darc, Daniel Johnston, Daniel Treacy, c'est décidé mon fils s'appellera Daniel -, les TVP's se font remarquer en 1978 dès leur premier single, le très caustique "Part Time Punks" qui brocarde les punks en carton («Ils écoutent leurs disques très fort et pogotent devant le miroir de leur chambre, mais seulement quand maman n'est pas là. Ils arrivent : ce sont les punks à temps partiel !»). Evidemment adoubés par John Peel, qui ceci dit adoubait à peu près n'importe quoi, ils font encore plus fort en 1980 avec un hommage au diamant fou, l'idole de Treacy : "I Know Where Syd Barrett Lives", une sorte de berceuse avec des petits bruits d'oiseaux qui n'aurait pas dépareillé sur "The Madcap Laughs". Archétype du groupe anglais, de l'Angleterre des Quality Streets et des maisons victoriennes, les TVP's sont un peu les Kinks des années 80. Mélodiste surdoué, Dan Treacy pond des ritournelles d'une incroyable simplicité, auxquelles il donne des noms surréalistes ("Liechtenstein Paintings", "Salvador Dali's Garden Party", "La Grande Illusion", "I Was A Mod Before You Was A Mod"...) qu'il prend plaisir à massacrer par des arrangements rachitiques (Rêgle n°3 : le groupe culte a peu d'argent). Comme pour les disques de Barrett ou de Johnston, le pathétique n'est jamais très loin, et à entendre les chefs d'oeuvre de cet homme que l'on sait en perdition, il est bien difficile de déterminer s'il faut rire ou pleurer. Parmi les destins brisés du rock, on connaissait les crucifiés, les suicidés, les morts-vivants (Barrett, Arthur Lee, Brian Wilson), les losers magnifiques, Daniel Treacy lui a inauguré une catégorie : les disparus. En proie à de sérieux problèmes d'héroïne, l'homme disparaît de la surface de la planète en 1998 pour ne redonner signe de vie qu'en 2004. Des rumeurs le disent malade, sans le sou, faisant la manche dans le métro londonien (Rêgle n°4 : plein d'histoires bizarres circulent sur le groupe culte). Sur ce deuxième album assez psyché figurent au moins quatre merveilles ( "Scream Quietly", "Liechtenstein Paintings", "Brian's Magic Car", "Magnificent Dreams") qui ne dispensent pas de l'achat du premier et parfait "And Don't the Kids Just Love It", de la compile d'inédits "They Could Have Been Bigger Than The Beatles" (Rêgle n° 5 : le groupe culte est prétentieux) et de "The Painted Word", considéré par Alan McGee comme le disque le plus émouvant jamais entendu, ex aequo avec ceux de Nick Drake. Amoureux des sixties (reprises de Creation, pochettes avec Twiggy et John Steed), OVNI total dans des années 80 qui ne juraient que par les paillettes et les synthés, les Television Personalities sortaient leurs disques sur leur propre label Whaam! (avec un point d'exclamation, presque comme Therapy?), mythique institution qui dut mettre la clé sous la porte en raison de l'homonymie trop frappante avec l'immonde boys band Wham de l'enculator en chef George Michael. Un tel talent ne pouvait laisser insensible Pink Floyd qui les invita sur leur tournée de 1980, tournée sabordée dès la première date lorsque Treacy ne trouva rien de plus malin que de révéler au public ébahi l'adresse top secrète de Syd Barrett. 11 ans plus tard, une deuxième chance leur fut offerte par Kurt Cobain (Rêgle n°6 : le groupe culte est apprécié des hommes de goût), qui voulait absolument en faire la première partie de Nirvana pendant la tournée anglaise de "Nevermind". Daniel Treacy ne comprenant pas bien l'intérêt ne donna pas suite. En tout cas aujourd'hui Daniel va mieux, on peut même gratuitement devenir son ami sur Facebook.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

il me semble qu'il était en prison pendant ses années d'absence (cambriolage apparement).

Anonyme a dit…

Oui, je crois bien aussi, c'est une des explications. Quelle classe, ce Daniel.

Anonyme a dit…

c'est pas une explication, c'est la vérité!

Anonyme a dit…

Merci de rétablir la vérité, Markyramone !

Anonyme a dit…

Whaam ! avec un point d'exclamation, comme dans Wham !, le groupe culte de Georges Michel et André Ridgelet ?

Ou comme dans Whaam !, le tableau de Roy Lichtintin

http://home.vs.moe.edu.sg/whitenoise/Images/AE_PA/PA/Lichtenstein/Whaam!1963.jpg

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...