De retour d'une effrayante formation "Gestion des conduites addictives", j'ai appris que je n'étais ni un ivrogne ni un poivrot ni un soulaud, mais un dipsomane. C'est-à-dire une sorte de psychopathe qui choisit d'occulter totalement l'effet gustatif au profit du seul effet psycho-actif, en ingurgitant à peu près n'importe quoi. Pourquoi pas, certains collectionnent bien les timbres. J'ai également découvert lors de ce séminaire pour fonctionnaires un ouvrage que je n'ai pas encore lu, mais dont le titre laisse présager la découverte de la Bible ultime du loser : "Comment réussir à échouer" par Paul Waztlawick. Ce qui m'a inévitablement donné envie de réécouter les Pastels, tant un groupe aura mis aussi peu d'atouts de son côté pour conquérir le grand public. Un suicide commercial organisé par le cerveau de la bande, le génial Stephen Pastel, look Peter Crouch et humour Monty Python. Petit best of des déclarations du gringalet scottish : "notre groupe est une sorte de collision laide de tout un tas de styles", "Londres est vraiment un endroit formidable, cette ville a purifié le reste du pays, tous les connards, les branleurs, les carrièristes, les groupes nuls viennent y vivre, nous laissant en paix à l'extérieur", "notre prochain clip sera génial, on y verra beaucoup ma collection de légumes en plastique", etc, etc. Fan irréductible des Ramones, toujours un signe de bon goût, il a nommé sa maison de disques "53rd & 3rd" dont chaque référence commence par AGARR (As Good As Ramones Records). Et couronnement de tout, et c'est bien là le charme incroyable de ce groupe : l'homme ne sait pas chanter, et n'a jamais eu l'intention d'apprendre. Un vrai punk, quoi, une sorte de Jonathan Richman rosbeef, doué pour les mélodies énergiques et désinvoltes, qui tuent en ayant l'air de rien, comme dirait Bertrand C. Pour les historiens, il est tout de même de bon ton de savoir que les Pastels sont considérés comme les inventeurs du shoegazing, ce mouvement globalement insupportable, mais dont deux groupes géniaux au moins ont su émerger : Jesus & Mary Chain (écossais, eux aussi) et My Bloody Valentine. Et les Pastels, donc. Au moins 4 chansons extraordinaires sur ce disque, qui dans un monde parfait auraient tous été numéro 1 en lieu et place de "When Will I Be Famous" de BROS en 1987 : "Ride" (d'où le groupe du même nom...), "Crawl Babies", "Address Book", "Baby Honey". Stephen Pastel étant une pure feignasse (que de qualités, décidément), la discographie des Pastels se résume à 4 albums en 23 années d'existence. "Sittin' Pretty", l'album de 89 est presque aussi bon (écouter la chanson "Zooom" et se mordre les testicules de bonheur), les autres je les ai pas, mais il serait fort surprenant que ces Glaswegiens se soient transformés en clones de Motorhead ou de Slipknot. Les Pastels, c'est un peu des TV Personalities non drogués. Il s'en passait des choses, finalement, dans les années 80.
mercredi 19 novembre 2008
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GARAGE, SWEET GARAGE
Encore des affreux garagistes...
4 commentaires:
Salut
J'ai eu l'adresse du blog via vélo 101. Tout un programme. J'adore les critiques. J'ai vu les Pastels en première partie de Sebadoh (autres beautiful losers), le groupe était joyeux mais le son famélique à l'image des albums. Les 2 premiers albums de Ride méritent aussi d'être dans le Top 10 de le mouvement "je suis malheureux à force de trop mater mes pompes"
Merci pour vos encouragements à poursuivre l'ouvre de ma vie : la débilité. J'ai Nowhere de Ride, super album effectivement, va aussi falloir parler bientôt de Jesus & Mary Chain et My Bloody Valentine !
Je rêve d'une chronique crassienne des Happy Mondays qui me ferait tordre de rire pendant quelques minutes.
VIVE LA DEBILITE
Moué, les Pastels c'est la twee pop, pas vraiment du shoegaze.
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