jeudi 20 novembre 2008

1914 : Philippe Thys, le doublé avant la boucherie

François Faber soldat


Pour la deuxième année consécutive, le Tour retourne au classement général par temps (par opposition au classement général par points, cher à l’IBBF) et innove en franchissant les Pyrénées avant les Alpes. Promenade de santé pour le basset – ainsi surnommé en raison de sa position sur la selle, très proche de celle du Saint-Loupois Arnaud « the vampire » Davenne – qui connaît tout de même une frayeur pas loin de Dunkerque, non en raison des visages hideux des autochtones, mais à la suite d’un bris de fourche. N’est pas Eugene Christophe qui veut, et Thys n’est pas homme à se compliquer la vie : au lieu de chercher une forge, pas con, il cherche un magasin de vélo, qu’il finit invariablement par trouver. Il repart un quart d’heure plus tard et n’héritera que d’une pénalité minimale d’une heure, qui lui permettra de remporter le Tour par la marge lilliputienne de 1mn 49. Un Tour sans grande anecdote mais pas anecdotique pour autant, dernier moment de quiétude avant l’horrible carnage de la Première Guerre Mondiale. Deux jours après c’est la mobilisation générale et le cyclisme français y paiera un lourd tribut, les Boches ayant eux l’intelligence de ne pas envoyer leurs champions au front. Trois anciens vainqueurs laisseront leur peau dans l’immonde bourbier. Petit-Breton trouvera moyen d’avoir un accident de voiture dans les tranchées, Faber se fera vaporiser par un boulet teuton alors qu’il ramenait un camarade blessé sur ses épaules, Lapize (triple vainqueur de Paris-Roubaix tout de même) sera désintégré en combat aérien. 50 autres coureurs du Tour, plus ou moins (in)connus périront. Il faudra attendre 1919 pour voir un autre Tour de France, amputé de bon nombre de ses champions.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ravi de ce retour en force. Pourvu que ça dure !!!

Anonyme a dit…

Merci pour votre indéfectible soutien, cher Alex. Oui, effectivement, pourvu que ça dure, la constance n'est pas mon fort. Doudoudidon.

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...