mercredi 17 septembre 2008

1911 : Gustave Garrigou le Canigou


Ce Tour 1911, comme tous ceux d’avant-guerre n’était pas fait pour les poitrinaires. 15 étapes, 14 de plus de 300 kilomètres et un La Rochelle-Brest (les gens ayant fait un peu de géographie à l’école apprécieront la performance) en guise d’apothéose. Un petit malin, le Stéphanois Panel, est le premier dans l’Histoire à expérimenter le dérailleur. Fou de rage, Henri Desgrange, qui assimile cela à une tricherie, interdira l’usage de cet outil diabolique jusqu’en 1937. C’est aussi l’année où pour la première fois sera franchi le Galibier, pour 49 coureurs sur 50 sans dérailleur donc, à l’issue d’une étape Chamonix-Grenoble (366 kilomètres…) que le dernier bouclera en 23 heures (on se demande bien comment il a pu faire l’étape le lendemain…). Autre innovation intéressante, l’empoisonnement : Duboc, qui est alors en train de gagner le Tour, après s’être promené dans le Tourmalet, s’effondre dans l’Aubisque, pris d’interminables vomissements puis d’abominables diarrhées. Après enquête du Mossad, on découvrira qu’il avait pris un bidon tendu par le soigneur Lafourcade, ancien coureur que nous connaissons bien, et qui, lointain ancêtre du docteur Fuentes, s’était reconverti dans l’empoisonnement ou le dopage sur commande moyennant finance. Lapize, lui, s’écroulera dans un fossé d’épuisement, pendant que Georget percutera dans une descente une moto venue en sens inverse. Quelle époque…Du coup, la voie était libre pour un coureur répondant à un nom de pâtée pour chien : Gustave Garrigou. GG, qui n’était tout de même pas un narvalo, détient son record : il est à ce jour le seul coureur à avoir toujours figuré dans les cinq premiers lors de chacune de ses participations. Il est aussi le premier homme à avoir franchi le Tourmalet sur son vélo, l'année précédente, ce qui lui valut d'être récompensé d'une prime astronomique : 100 francs.

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GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...