mardi 30 décembre 2008

1923 : Henri Pélissier, enfin la France


La France attendait ça depuis 1912, une éternité, les gens devenaient fous, le Belge était devenu l'objet de tous les ressentiments, on en oubliait presque les Boches et le Chemin des Dames. Que devrions-nous penser, nous qui jouions encore aux Playmobil et découvrions les prémices du développement de notre pilosité pubienne lors de la dernière victoire du Blaireau, en 1985 ? Mais bon, en ce temps-là, la France avait de vrais champions (Alavoine, Christophe, Barthélémy, les Pélissier) qui avaient surtout joué de malchance depuis 10 ans. Là où une victoire dans le Tour de Sylvain Chavanel relève de la science-fiction la plus folle (à moins d'une gigantesque pendémie mondiale épargnant uniquement le département de la Vienne), nos arrières grands-pères étaient eux légitimement en droit d'espérer. Ce Tour fut difficile : 15 étapes, la plus courte de 260 kms, la plus longue de 482 kms (Les Sables d'Olonne-Bayonne, vous imaginez ?). Pélissier, je vous en ai déja parlé, c'était ce grand homme qui traitait publiquement ses collègues de (Daniel) percherons, qui insultait Henri Desgrange et qui finira assassiné par une mijaurée qui n'aimait pas les armes blanches qu'aimait à manier Riton. Henri Desgrange ne pouvait pas le blairer non plus cet homme nonchalant, arrogant et stylé, aux jambes de lévrier et à la langue de vipère. Irrité par ses abandons répétés lors des Tours précédents, irrité aussi par ses justifications ultra prétentieuses ("j'ai de l'argent et une situation qui me dispensent d'entreprendre des tâches aussi lourdes", déclare-t-il après son abandon lors du Tour 1920), Desgrange est catégorique : "le Tour de France lui est, non pas musculairement mais moralement, interdit, et puis quelle nervosité de jolie femme !" C'est peut-être de se faire traiter ainsi de tapette qui a motivé Pélissier, lui qui remporta tout de même deux fois Paris-Roubaix. Il décida donc de survoler les Alpes, l'étape du Galibier restant un moment fort de l'histoire du Tour, lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée main dans la main avec son frère, Francis, fidèle compagnon d'arme. Accueilli au Parc des Princes par une foule hystérique, il désigna avec l'intelligence qui le caractérisait son successeur, son coéquipier, tout comme Franck Ribéry maçon de formation : Ottavio Bottecchia.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

sinon, pélissier, c'est aussi le nom de jeune fille de ma belle mère.
vu les caractères similaires, leurs arbres généalogiques respectifs doivent se recouper quelque part

signé : vincent gosselin
PS: je signe car je sais pas choisir une identité et du coup je suis anonyme à chaque fois

Anonyme a dit…

Désormais je t'appelerai donc "mon petit lévrier".

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...