dimanche 28 décembre 2008

Gregory ISAACS Cool Ruler (1978)


En général, je n'aime pas trop le reggae. Trop lent, trop mou, trop de cuivres à la con, trop black quoi. Mais il faut parfois savoir forcer sa nature, ce n'est pas parce qu'on n'aime pas le surimi qu'on n'aime pas les fruits de mer. Gregory Isaacs est un cas. L'homme est un vrai badboy, il a expérimenté les prisons jamaïcaines pour détention d'armes à feu, de cocaïne, détournement d'argent de temps en temps. Plus fort que Charles Pasqua et Patrick Balkany réunis, Mr Gregory a aussi une bien plus jolie voix que le premier et plus d'élégance que le second. Surnommé Hitler - ça commence à faire beaucoup - en raison de son comportement plus qu'autoritaire avec les musiciens, il ne dédaigne pas non plus, à l'instar du Sergent Champy, s'adonner à une autre de ses passions : la strangulation. Superstar du reggae, chacun de ses concerts déclenche inévitablement des inondations dans les petites culottes jamaïcaines, certains racontent même avoir été témoins visuels et olfactifs de rivières de cyprine déferlant des Blue Mountains, provoquant dans les années soixante-dix les plus grandes crues que les Caraïbes aient connues. Car Gregory Isaacs est un lover, une sorte de Léonard Cohen antillais, si l'on peut dire. Voix suave et nonchalante, jamais forcée, un peu à la manière de Sam Cooke, l'homme nous raconte tout au long de cet album sublime des histoires de rateaux et de rendez-vous manqués. Jamais infecté par les cuivres dégoulinants bobmarleysques, son rock steady est ultra dépouillé, tout juste martelé par la rythmique implaquable de Sly & Robbie et un orgue vraiment dégoulinant, lui. La face A est carrément à tomber et devant l'enchaînement "Native Woman" / "John Public" / "Party In The Slum" / "Uncle Joe", les gens sensibles risqueront à tout moment l'accident vasculaire cérébral. Remède imparable aux troubles de l'érection et à la sécheresse vaginale, ce disque donne envie d'acheter tous les albums de sa discographie plus que pléthorique, l'homme étant capable d'enregistrer 6 albums en deux ans. Enfin de la musique qui donne envie de se trémousser, et pas seulement pour accéder au bar. Quand j'y repense, les gloussements "woooo-ahhhhhh-ahhhhhhh" sur "John Public"....Gregory Isaacs, sex toy de l'année 2009.

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GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...