dimanche 21 décembre 2008

1922 : Firmin Lambot, le doublé


Lambot a remporté le tour le plus difficile de l'Histoire, celui de 1919 : 5560 kilomètres, le froid, la neige, l'après-guerre, les routes pourries, onze rescapés, une vraie boucherie. Lambot est toujours le plus vieux vainqueur d'un Tour de France a 36 ans et 4 mois, c'est-à-dire à quelques jours près l'âge de Vincent Gosselin (c'est tout de suite plus parlant). Lambot était le genre de mec, qui en guise de vacances, à 60 balais passés, décidait de (re)faire le Tour de France, en tandem avec sa femme. Et tout le monde s'en branle. Pas plus tard qu'avant-hier soir, j'ai encore du supporter de la part de certains de mes compatriotes l'apologie du rugby, ce sport si fin qui dessine des corps si parfaits, son état d'esprit hors du commun, ce sens du dévouement et de l'abnégation quand bien même personne n'a encore rien compris aux rêgles de ce jeu (?) étrange. Bref, là où le monde entier semble y voir une version moderne de la mythologie grecque, moi désolé je persiste à n'y déceler qu'un empilement de gros lards aux oreilles décollées. Conseil aux célibataires : pour épater la femme de votre vie, un bon gros plaquage vaudra toujours mieux que faire Paris-Moscou-Paris à vélo, c'est maintenant pour moi l'évidence. Constat aussi triste que cruel : de même qu'il y aura toujours des gens pour retourner à la Koenigsbier après avoir goûté à la Leffe de Noël, il y aura aussi toujours des gens insensibles à la beauté de la bicyclette, cette activité "où toutes les fonctions naturelles, hormis la reproduction sont appelées à jouer un rôle", comme le disait Antoine Blondin. Grand homme ce Blondin, surdoué de l'écriture comme de la bouteille, qui disait avec tout autant de clairvoyance : "toutes les femmes sont fatales, on commence par leur devoir la vie, elles finissent par causer notre perte". Ceci dit, pour revenir au Tour 1922, Lambot n'était pas très glamour : un Belge méticuleux et rigoureux, même si c'est tout de même moins rare qu'un informaticien rigolo, on ne comprend pas bien, ça fait un peu tâche, quoi. Le grand homme de l'époque, que l'on ne s'y trompe pas, c'était Jean Alavoine. Un roubaisien montagnard qui gagnera cette année-là les trois étapes des Pyrénées, mais pas le Tour par la faute de 46 crevaisons, 15 sauts de chaîne et le Galibier gravi sous les trombes d'eau. Un truc à décourager le plus vaillant des rugbymen, mais assurément insuffisant pour convaincre une admiratrice des Barbarians. Alavoine, qui mourra sur son vélo, à l'âge de 55 ans, lors d'une compétition de vétérans, comme ça pour le fun. Il en faut de l'alcool, pour supporter certaines conversations, croyez-moi. A vous donner envie de rétablir la peine de mort sur-le-champ.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

putain mon phlou, tu asjamaisautant fait éclater la vérté que dans cete rticle.

lerugbyman, le drame de ma vie ! cet espèce de sous merde qui m'a fait foiré tout mes coups !

Anonyme a dit…

Merci grand fou, mais dis-moi : tu avais des moufles quand tu as posté ce commentaire ?

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...