lundi 5 janvier 2009

GALAXIE 500 Today (1988)




C'est vraiment le genre de groupe que j'aimerais détester. Le rock'n roll vidé de toute son énergie, un groupe d'intellectuels né sur les bancs d'Harvard, une voix asexuée totalement dénuée d'émotion, une musique d'une telle lenteur que leurs principaux rejetons prendront le nom de Low ("I Could Live In Hope", bon disque) ou Codeine. Le nom du groupe pourrait évoquer les Spacemen 3, je crois bien d'ailleurs que j'avais acheté ce disque dans l'espoir de découvrir leurs clones, mais non, rien de tout ça : Galaxie 500 est le nom d'un modèle de véhicule Ford en vogue dans les années 60. Pour comprendre la démarche de ces grands comiques, il faut donc imaginer un groupe français portant le nom de Fuego ou Méhari. La musique de ce trio (avec une femme à la basse, quelle idée...), pas facile à décrire, oscille entre un Velvet Underground (surtout celui du troisième album) dont le chanteur chanterait faux, et les Modern Lovers emmenés par un Jonathan Richman dépressif. Beaucoup de guitares claires, une batterie rachitique, un harmonica débile, et la voix très particulière de Dean Wareham, le tout produit par le non moins étrange Kramer (ex-Butthole Surfers). Un disque d'hiver, une musique de lendemain de fête, brumeuse, minimaliste, qui peut aussi faire penser à Slint, que certains ont rangé dans la catégorie la plus absurde jamais inventée : le slowcore. Le caractère hypnotique et répétitif de certaines chansons peut néanmoins faire atteindre une forme de transe étrange, particulièrement sur "Don't Let Our Youth Go To Waste" (reprise des Modern Lovers) ou "Tugboat" (voir la video). Les textes, très inspirés de la fraîcheur de Jonathan Richman justement, donnent envie d'apprendre l'anglais et contiennent la plus belle déclaration d'amour jamais faite à une femme: "je veux rester au lit avec toi jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller boire un coup". C'est un très beau disque, je ne vois pas d'autre adjectif : un très beau disque avec 9 très belles chansons. Un groupe qui semble n'avoir laissé aucune autre trace que celle de ses 3 albums, un groupe même pas culte, un groupe tranquille, sans histoire ni macchabée dans le placard. De très dignes héritiers des Modern Lovers. Et puis des disques qui reposent après trois jours de cuite et qui apaisent quand on a vu un peu trop d'idiots dans sa journée, il en faut aussi. Pour une fois, on peut se fier la pochette : fans de Kyuss, fuyez !

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Le réveillon a du être féroce.

Anonyme a dit…

Féroce, en effet. D'une puissance redoutable.

ChPère a dit…

Crass, on veut une nécrologie de Ron Asheton sur ton blog !!!!!!!

ChPère a dit…

Man, la vidéo elle est plus dispo ya la WMG qui s'est plainte...

Anonyme a dit…

Il dit pas que des conneries chpère.
Crass peut faire une nécro par jour avec ses idôles sixties !

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...