lundi 19 janvier 2009

THE BIRTHDAY PARTY The Birthday Party (1981)


Avant de devenir cet intrigant crooner gothique pour femmes au foyer, puis – horreur - de se mettre à écrire des livres, Nick Cave faisait du rock’n roll. La rapide évocation de sa carrière sur wikipedia résume l’ampleur du désastre en un seul adjectif : pluridisciplinaire. Le mot est lâché. Comme David Bowie ou Brian Eno, Nick Cave fait partie de ces gens (très) doués mais (très) fatigants qui, sans cesse, éprouvent le besoin de se renouveler et de découvrir de nouveaux univeeeeeeers. Alors que par définition, ce qu'on demande aux gens qu'on aime (la maman, la soeur, les Ramones, je crois que je n'ai oublié personne), c'est qu'ils ne changent pas. Non content de publier d’affreux recueils de poèmes prétentieux sur la maison d’édition d’Henry Rollins (Henry Rollins, poésie, cherchez l’intrus), Nicolas s’est lancé dans le cinéma dit indépendant (traduire par irregardable) mais aussi dans l’aide humanitaire aux tsunamistes, tout en poursuivant cahin-caha sa carrière au sein des Bad Seeds, épaulé dans sa tâche par le Grand Corps Malade allemand, Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten). Faites lui croiser la route de Cyril Lignac et l’homme se mettra à la gastronomie, improvisez un rendez vous surprise avec Yan Caz et il enregistrera illico un disque de covers de Georges Brassens. Même Kylie Minogue, dont le QI tendrait pourtant vers moins l’infini, est sortie toute chamboulée de sa rencontre avec l’Homme en Noir (d’ailleurs fan de Johnny Cash), avouant qu’il l’avait réellement bonifiée tout en signalant qu’il lui avait tout de même été difficile de « lâcher la bride à (son) moi profond, pour être totalement sincère dans (sa) musique ». On ne s’étrangle pas. Je n’ai jamais réussi à écouter un album des Bad Seeds (ai-je seulement essayé ?), y compris les pseudos chefs d’œuvre que seraient « Murder Ballads », "The Good Son" ou « Henry’s Dreams », faire le marathon de Paris me semble moins fatiguant. Mais avant d’être pris de fascination pour Berlin et Lautréamont, Nick Cave faisait de la musique qui sentait sous les bras, en bon bouseux d’Australien qu’il aurait dû rester. Bizarrement signé sur le très arty label des Cocteau Twins, 4AD, Birthday Party balançait une sorte de blues très sale et férocement insane, accompagné par la basse monstrueuse du sosie officiel de Victor Lanoux (Tracy Pew) et les guitares dissonantes de Rowland S.Howard et Mick Harvey. Nick Cave, alors, n’essayait pas de moduler comme Elvis ou d’être plus viril que Johnny Cash, il se contentait de chanter comme un mongolien, idée géniale reprise plus tard par David Yow, le trisomique en chef de Scratch Acid puis de Jesus Lizard. « Release the Bats » (et ses célèbres “popopopopo”), « Blast Off », « The Friend Catcher » (et ses célèbres “hihan hihan”), Mr Clarinet (les incantations “marry me oh marry me ») et « Happy Birthday » (où Cave se met carrément à aboyer de manière très articulée des « wouf wouf wouf » !) semblent réellement interprétées par un pensionnaire de Centre d’Aide par le Travail, ce qui est finalement trop rare dans le rock. Par la suite Birthday Party sortira deux autres albums, tout aussi dérangés mais plus difficiles d’accès (c’est-à-dire un peu chiants), « Prayers On Fire » et « Junkyard ». Cette chronique est aussi et surtout l’occasion de rappeler que l’Australie est une grande terre de rock’n roll et de blues cradingue, qui outre AC/DC, les stoogiens Radio Birdman et les merveilleux Saints, aura engendré un groupe méconnu mais terriblement sauvage, sur lequel on reviendra forcément un jour : les Scientists.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

ça devait être Pascal Duquenne leur dealer!

Anonyme a dit…

Pour info, on ne dit plus Centre d'Aide par le Travail, mais Etablissement et Service d'Aide par le Travail, un nom beaucoup plus long pour des gens tout aussi débiles...

Anonyme a dit…

Article éclarant (éclairé/hilarant), par contre j'suis pas d'accord pour Prayers On Fire. Ceci dit... Enculé.

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...