dimanche 18 janvier 2009

1925 : Bottecchia, le doublé

Eugène Christophe réparant sa fourche dans la forge de Sainte-Marie-de-Campan en 1913 (dessin de Paul Ordner, seul témoignage de la scène)
Coincée en plein milieu de l'entre deux-guerres, 1925 ne semble pas être une année à forte portée historique. Et pourtant, il s'en est passé des choses...Tandis qu'Hitler rédige tranquillement Mein Kampf et que Charlie Chaplin réalise La Ruée vers l'or, deux de nos plus grands artistes voient le jour, responsables à tout jamais de ma passion indéfectible pour le septième Art : Pierre Cuq alias Pierre Mondy (inoubliable interprète du sergent-chef Chaudard bien sûr, mais aussi de Bibi Kenavec dans Vos Gueules les Mouettes, de Tonton Georges dans Le Beaujolais Nouveau est Arrivé mais surtout, surtout, d'Amédée Gonflard dans Signé Furax) et André Darricau plus connu sous le sobriquet de Darry Cowl (L'Abominable Homme des Douanes, Un Martien à Paris, Poussez pas Grand-Père dans les Cactus, Y a Un Os dans la Moulinette, Arrête ton Char Bidasse !, Mon Curé chez les Thaïlandaises, n'en jetez plus !). Grand cru donc que 1925, où les Français sont de toute évidence plus préoccupés à copuler qu'a faire de la bicyclette. Je précise que je ne lance pas des phrases en l'air et que toutes mes affirmations reposent sur des données chiffrées de l'INSEE, désormais partenaire officiel de ce blog. Il faudra ainsi attendre 1946 pour que le nombre de naissances dépasse ce sommet de 1925, année de la libido. Ainsi, pendant que Monsieur et Madame Bobet mettent au monde un petit Louison, Bottecchia poursuit sa promenade de santé, à peine contrariée par un pénible luxembourgeois dont on reparlera. Les français sont inexistants, probablement éreintés par leurs prouesses nuptiales. Pas un gaulois dans les dix premiers, pour la première fois dans l'Histoire du Tour, l'honneur étant sauvé par un quadragénaire toujours vert, le mythique Eugène Christophe. Immense Christophe, déja présent sur le Tour 1906, légendaire réparateur de sa fourche brisée dans la forge de Sainte-Marie-de-Campan (1913), premier porteur du maillot jaune (1919), vainqueur moral des tours 1913 et 1919, idole du public français qui pour lui seul répondit à une souscription du journal L'Auto afin de venir en aide à ce loser magnifique. Quand Pélissier confiait aux journalistes qu'on traitait les coureurs comme des animaux, lui répondait qu'il faisait le plus beau métier du monde, une manière de relativiser qui n'était pas du goût de tous les coureurs. Mais Gégéne se foutait de la gloire comme de ses premières soquettes, tout juste se permit-il une fantaisie, des siècles plus tard, en 1970, le jour de ses funérailles : être enterré avec son maillot jaune. Si personne, en réponse à cet article, ne laisse un commentaire d'hommage à ce grand coureur je me verrai alors dans l'obligation de consacrer mon prochain billet à un champion de cricket gallois ou à mon repas de samedi soir au Buffalo Grill de Cucq. Vous voici prévenus.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas mal cet article mais le repas au Buffalo bite c'était bien aussi...

ChPère a dit…

T'as pris une coupe America en dessert ???
Mi j'aime 'cor bin les coupes America...

Anonyme a dit…

Nan, j'ai pris un Irish Coffee. Les Irish sont vraiment pas chers au Buffalo, à 5,60€ ou 5,90€ de mémoire. Rhooooooooo.

GARAGE, SWEET GARAGE

Encore des affreux garagistes...